actualité et infos décortiquées

l’actualité vue par Guillaume Badet et Guillaume Boucharlat

 

L’agriculture, ce monde qui souffre… .

par Guillaume Badet 

le 27 octobre 209 à Poligny, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours faisant suite aux manifestations des agriculteurs, et plus précisemment des producteurs laitiers, excédés de vendre le lait à perte. Ce discours, copié-collé de celui prononcé quelques mois plus tôt, est d’un « fouilli » complet (parler d’identité nationale quand on parle de production de lait et de dérégularisation du marché laitier en Europe…) n’apporte finalement aucune réponse concrète aux agriculteurs.

Car que demande en réalité le monde agricole : pouvoir vivre de leur production, et ne pas être dépendant des subventions européennes trop souvent critiquées par l’opinion publique. le chef de l’Etat, dans son discours propose : des subventions, des aides de l’Etat, des reports de paiement de la taxe carbone, et des prêt aux intérêts faibles (environ 1%).

Ce monde agricole,  Nicolas Sarkozy, en réalité ne sait – et n’a jamais su pour tout dire – le cajoler, à contrario de J. Chirac. Il ne connaît rien de l’agriculture, et pour tout dire, il s’en contre-fout. Alors allez plaider leur cause devant les pontes de l’union Européenne, il ne l’a pas fait. Il a préféré laisser son ministre de tutelle, (assez inédit sous sa présidence) Bruno le Maire, s’en charger, avec plus ou moins de réussite… .

Aujourd’hui, un agriculteur vend en moyenne 1000 litres de lait (entier et sans transformation) au prix de 280 euros. Le coût de revient est approximativement de 320 à 340 euros les 1000 litres. Qu’est ce qui a amené les agriculteurs à devoir vendre à perte ? Comprendrions nous qu’un fabriquant de crayon de papier puisse vendre sa production à perte ? pourquoi laisser le monde agricole dans ce lamentable état ?

Essayons de l’expliquer : comme dans tout marché qui se respecte dans ce monde capitaliste, c’est la loi de l’offre et de la demande qui régit le marché du lait. Une offre en hausse, et une demande (la consommation) en baisse entraine la « dégringolade » du prix du litre de lait. Car ce sont les industriels laitiers qui décident du prix du litre de lait selon le marché. Or il est prévu qu’à l’horizon 2014, les quotas (quantité maximale que doit produire chaque exploitation agricole) soient supprimés, ce qui engendrera un véritable génocide des petits agriculteurs, écrasés par les très grosses exploitations, qui produiront en masse, sans se soucier de la qualité… . 

Il n’est pas sans rappeler qu’en 2009, l’économie agricole est pour la France plus qu’importante. Nous importons nos productions, quelles soient laitières ou céréalières. C’est donc un revenu non négligeable pour notre économie. Il faut également souligner que l’agriculture est vitale pour notre peuple, mais aussi pour le peuple européen (Certains pays ne possèdent aucune agriculture). L’agriculture, et les agriculteurs nous font vivre. Certaines voix s’élevent pour dire que l’agriculture sert principalement à préserver nos campagnes ; ce n’est pas faux, mais cela reste secondaire. Sans agriculture, il n’y a pas de ressource alimentaire. Comment peut-on prendre à la légère la situation des agriculteurs et de leurs exploitations ? Dans de nombreux pays en voie de développement, l’agriculture est la principale voire la seule économie qui intéresse les classes politiques ? Pourquoi en France, nous ne prenons pas soin de notre agriculture. Les revenus des agriculteurs, en net, sont indescents. Comment peut-on accepter que plus de la moitié des agriculteurs puissent vivre en dessous du seuil de pauvreté ? Et que dire de leurs retraites ? avec quoi vivront t’ils ? Quelle image laissons nous de l’agriculture à ces jeunes écoliers ou étudiants, qui ont l’envie de travailler dans le domaine ?

Ces questions seront sans réponse, car selon nombres d’économistes et de politiques, il ne doit y avoir aucune intervention de l’Etat. Proposer des prêts à taux faibles n’a aucun intérêt pour des agriculteurs incapables de rembourser leurs banques. Proposer des subventions n’a aucun intérêt si ce n’est de repousser l’échéance de l’échafaud. La proposition de Sarkozy est un feu de paille.

L’avenir ne s’annonce pas rose… . Les agriculteurs qui mettront la clef sous la porte laisseront place aux exploitations agricoles intensives, pour qui respect de l’environnement, déontologie, et qualité du produit n’existent pas, qui produiront en masse, afin de pouvoir rentabiliser leurs sociétés avec les prix de vente faible. Les industriels quant à eux, continueront de vendre le lait à des prix inabordables aux consommateurs, que nous sommes tous.

Un bon verre de lait entier acheté chez l’agriculteur. Je vous le recommande pour vous et vos enfants.

Dans : Guillaume BADET,Politique
Par unjourlactualite
Le 30 octobre, 2009
A 13:15
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