actualité et infos décortiquées

l’actualité vue par Guillaume Badet et Guillaume Boucharlat

 
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un spectacle dramatique

Hier soir, sur le plateau de TF1, Nicolas Sarkozy était l’invité de l’émission de Tf1, Paroles aux Français. L’objectif, un échange entre invités choisis dans un panel et le chef de l’Etat. Tous les thèmes sensibles, d’actualités, ont été abordés. On peut toutefois se poser quelques questions quant à l’irréprochabilité de cette scène, teintée de judaisme, de féodalité britannique, voire de bonapartisme exagéré… .

Pourquoi TF1 ? pourquoi le choix d’une chaine privée ? les relations fortes entre la chaine appartenant à Bouygues et Sarkozy sont du même accabi que Fox Tv et Bush lorsque ce dernier étaient en fonction aux USA. Le parti-pris dérangeant de la chaine privée envers le gouvernement, le président et le parti politique majoritaire ne rendent en rien ce débat impartial, propre et transparent.

On peut aussi discuter largement sur le choix de Jean Pierre Pernault. Débattre, dialoguer avec le président de la républiqe mérite que le journaliste présent ait un tant soit peu de connaissances sur les sujets abordés. Il n’en était rien… A cela ajoutons l’extrème proximité entre les deux protagonistes…  . Il est certainement plus facile d’être interviewé par un ami plutot que par Audrey Pulvar.

Le choix des invités : là encore on peut s’interroger sur les critères de sélection. Si on ne peut remettre en cause les questions posées, elles paraissaient habilement distribuées, et chaque formule du président n’étaient ni discutée, ni débattue, il n’y avait pas de droit de réponse pour les invités.

 Concernant le discours, on remarquera l’extrème simplicité des mots employés, et une manière beaucoup trop négligé de répondre aux problèmes actuels ; une vieille odeur de populisme, le « vrai-parler » qu’adore manier Sarkozy (si tant est qu’il sache manier le subjonctif). Lorsque Nicolas Sarkozy a sous-entendu que les magistrats n’avaient pas à se plaindre, qu’ils toucheraient quoiqu’il advienne leurs gros chèques à la fin du mois, le président envoie involontairement 2 messages : le premier, un employé du service public ou privé, de n’importe quel statut, n’attend donc qu’une chose, son salaire mensuel et non pas faire son travail consciensieusement. Voila l’image qu’il a du travailleur français. Le second message, il met en opposition les hauts fonctionnaires avec le petit peuple, en insistant sur le fait que si ces derniers ont fait des efforts (hausse de la tva, gels des salaires, peur de perdre son boulot, …), il ne voit pas pourquoi les juges n’en ferait pas ; tout en oubliant le devoir réel de la justice, qui est de protéger le peuple. Autrement dit, Sarkozy par ce discours a voulu montrer qu’il se rangeait derrière les petites gens, comme les appelaient Poujade : le peuple contre l’élite, contre les intellectuels, qui raillent Sarkozy avec raison. Cela porte un nom, du populisme. En rendant habituel ce populisme, Sarkozy ouvre en grand la brèche de l’extrème droite.

Et puis pour conclure, et le pire dans l’affaire, c’est cette grandissime bonté qu’il a voulu afficher, lui le président du G20 et du G8. Il a pris le temps de parler, d’échanger avec le peuple, il a voulu démontrer une certaine accessibilité. Il a donc parlé, comme si chaque loi n’étaient décidée que par l’Elysée. Lors de ce genre de débat, il réduit le rôle démocratique à sa propre élection. Le parlement est seulement réduit à voter les lois qu’il décide… plus de concertations avec les élus locaux du peuple… Ces derniers, enfermés dans des palais bien trop vétustes n’en sont réduit qu’à lever la main ou à la baisser. Aujourd’hui, plus personne n’est choqué d’entendre ou lire « L’Elysée a décidé »,  »Nicolas Sarkosy a proposé »… . 
Lorsque l’on souhaite représenter une république irréprochable, il faut l’être avant tout. Le rôle d’un président de la république est de s’assurer du bon fonctionnement de la branche législative et éxecutive… il est aussi le garant de l’indépendance de la justice. Sur ces derniers points, nul doute qu’il baffoue les règles républicaines françaises. Quand De Gaulle a instauré la 5ème république, il savait que les pouvoirs du président était bien trop important pour une démocratie. Mais s’était-il posé la question de savoir ce que pourrait devenir sa république entre les mains d’un arriviste, dont le mépris, la morale, et la haine ont toujours pris le dessus sur la raison, la compassion, et la sagesse ?  

 

Dans : Guillaume BADET,Politique
Par unjourlactualite
Le 11 février, 2011
A 13:14
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